Un terpène inédit caractérisé
Après trois campagnes de collecte en Amazonie, l'équipe du Centre Architox Jacques Palombier a isolé et caractérisé un terpène dont la structure ne correspondait à aucune entrée des bases de données de composés naturels.
Une observation de terrain à l'origine
La plante, une Apocynacée à répartition très localisée, avait attiré l'attention de nos botanistes pour une raison simple : ses feuilles portaient nettement moins de traces d'herbivorie que celles des espèces voisines poussant dans la même station.
Cette observation, banale en apparence, a justifié une analyse du profil chimique du feuillage.
L'élucidation de la structure
La fraction apolaire du feuillage contenait un composé majoritaire absent des autres échantillons de la même famille. Sa formule brute a été établie par spectrométrie de masse haute résolution, puis sa connectivité reconstituée par une série d'expériences de résonance magnétique nucléaire bidimensionnelle.
La molécule, provisoirement désignée sous le nom d'amazonine, présente un squelette carboné inhabituel pour ce groupe de plantes. Une confirmation par diffraction des rayons X est en cours, un monocristal ayant pu être obtenu au printemps.
Ce que cela ouvre
La question qui nous occupe désormais est celle de la fonction : ce composé participe-t-il effectivement à la défense de la plante, et par quel mécanisme ? Des essais de comportement sur insectes phytophages sont programmés en serre.
Il faut rappeler qu'une structure nouvelle n'est pas en soi un résultat remarquable — plusieurs milliers sont publiées chaque année. Ce qui l'est davantage, c'est de pouvoir relier une molécule à une observation écologique de terrain.