Bases de spectres
Chaque analyse est comparée à notre chimiothèque interne et aux bases publiques. Un temps de rétention ou une masse ne suffisent jamais à conclure : l'identification exige la convergence de plusieurs méthodes indépendantes.
Du prélèvement sur le terrain à la structure publiée, le parcours d'un échantillon mobilise une dizaine de techniques enchaînées.
Tout commence par une récolte documentée. Nos protocoles imposent de noter les coordonnées, l'altitude, l'exposition, la nature du substrat, la date et le stade de développement de la plante. Un double de chaque prélèvement part à l'herbier pour identification botanique.
Sans cette identification, l'analyse chimique n'a aucune valeur : un nom vernaculaire recouvre souvent plusieurs espèces distinctes, et deux espèces proches peuvent avoir des profils très différents.
Le matériel est séché à basse température puis broyé finement. Les organes sont traités séparément. La mise en solution utilise des solvants de polarité croissante, chacun entraînant une fraction différente des composés présents, ce qui simplifie les séparations ultérieures.
Pour les composés volatils, on préfère l'hydrodistillation ou l'extraction par espace de tête, qui évitent de dégrader les molécules fragiles.
| Outil | À quoi il sert | Limite principale |
|---|---|---|
| Chromatographie sur couche mince | Dégrossir un mélange, suivre une purification en quelques minutes | Résolution faible, usage exploratoire |
| Chromatographie liquide (HPLC) | Séparer finement et collecter les composés purifiés | Ne convient pas aux molécules très volatiles |
| Chromatographie en phase gazeuse | Analyser les composés volatils, terpènes en tête | Exige des molécules thermiquement stables |
| Spectrométrie de masse haute résolution | Obtenir la formule brute, fragmenter pour situer les groupes | Ne distingue pas les isomères de structure |
| Résonance magnétique nucléaire | Reconstituer la connectivité complète de la molécule | Demande plusieurs milligrammes de produit pur |
| Diffraction des rayons X | Confirmer une structure de façon quasi certaine | Suppose d'obtenir un monocristal, ce qui échoue souvent |
| Culture in vitro | Étudier une voie de biosynthèse en conditions reproductibles | Certaines molécules ne s'expriment que dans la plante entière |
Chaque analyse est comparée à notre chimiothèque interne et aux bases publiques. Un temps de rétention ou une masse ne suffisent jamais à conclure : l'identification exige la convergence de plusieurs méthodes indépendantes.
Les profils chimiques comportent des centaines de variables pour un petit nombre d'échantillons. L'analyse en composantes principales et les méthodes de classification permettent de dégager les regroupements pertinents sans surinterpréter le bruit.
La chimie théorique aide à prédire la conformation d'une structure proposée et à vérifier qu'elle est compatible avec les données spectrales observées.
Les protocoles, les paramètres d'appareil et les données brutes sont archivés systématiquement. Un résultat qu'on ne sait pas refaire n'est pas un résultat.